
Faites l’amour, pas la guerre
30 juin 2026Toutes les façons d’aimer ne sont pas acceptables, simplement parce qu’il y a de l’amour en jeu. On nous a dit qu’accepter la personnalité de son partenaire est une condition indispensable et nécessaire à l’épanouissement de la relation ; cependant, ce principe n’est valable que tant que « cette personnalité » ne porte pas atteinte à la sécurité physique et/ou psychologique de son entourage.
Ce qui semble évident ne l’est pas tant que ça pour les personnes éprises d’amour qui, animées d’un esprit masochiste dû à la grande peur que leur inspire la solitude, recourent à l’aveuglement en invoquant toutes sortes d’excuses pour minimiser ou atténuer la véritable gravité de la situation, par exemple dans des situations agressives, de méfiance ou peu affectives, à leur égard, envers leurs enfants, leurs proches, etc.
Admettons que certaines excuses puissent être fondées ; toutefois, si le bonheur de la personne que l’on aime est inversement proportionnel au nôtre, c’est qu’il y a un problème.
Les traits de personnalité définissent le profil affectif qui donne lieu à un modus operandi, une dynamique d’échange émotionnel.
Les styles affectifs sont des façons de gérer les sentiments et les émotions. Ce processus découle de la façon dont je me perçois, dont je perçois les autres et le monde. À partir de cet ensemble d’éléments, l’esprit crée un style qui aura tendance à se reproduire comme un schéma récurrent dans toutes les relations.
La personne paranoïaque se considérera comme vulnérable face aux autres. Elle percevra le monde comme trop dangereux et les gens comme potentiellement malveillants.
Cette vision de sa propre réalité et de celle des autres l’amènera à se mettre sur la défensive et à se tenir prêt(e) à contre-attaquer. Il en sera ainsi dans tous les domaines de la vie, y compris sur le plan affectif.
Il/elle pensera que son partenaire veut profiter de lui/d’elle, qu’il/elle pourrait lui être infidèle, qu’il vaut mieux ne pas s’attacher émotionnellement, car cela impliquerait de baisser la garde et de se retrouver à la merci des mauvaises intentions de l’autre.
Vous ressentirez une envie irrépressible de surveiller, de contrôler et de suivre chacun des gestes de la personne que vous dites aimer, et vous cacherez les informations que vous jugerez pertinentes pour conserver votre position de contrôle.
Les relations amoureuses toxiques ne sont pas des cas isolés dans un hôpital psychiatrique ; ces hommes et ces femmes évoluent parmi nous, avec leur pathologie, tendant leurs filets et attirant des adeptes amoureux.
Qui se laisse séduire par ces propositions ? Ceux et celles dont les manques semblent être comblés par celui ou celle qui entretient cette relation toxique.
Par exemple, les personnes méfiantes voient souvent dans le paranoïaque un moyen d’établir une curieuse forme d’alliance stratégique pour se protéger d’un monde hostile. De la même manière, une personne timide et très introvertie percevra l’isolement social de l’individu vigilant comme une heureuse coïncidence.
Le problème survient peu de temps après : une fois pris au piège, le cauchemar du contrôle oppressant fait son apparition.
Mieux vaut prévenir que guérir et prendre conscience de la situation avant de tomber sous le charme. Il est évident que l’amour ne suffit pas : il faut peser le pour et le contre et, surtout, savoir si certaines propositions sentimentales peuvent réellement nous faire du mal.
Il ne faut pas devenir obsessionnel… Il suffit simplement de rester vigilant, au moins jusqu’à ce que le candidat ou la candidate dévoile son jeu ; ensuite, si tout se passe bien, il faudra mettre les gaz, mais si les choses ne s’annoncent pas bien, il faudra freiner brusquement et descendre du train, sans remords ni hésitation.
Les réseaux sociaux constituent un problème pour ce type de personnes, car leur pouvoir repose sur l’isolement de leur partenaire potentiel ; bien sûr, elles s’attaqueront aux réseaux sociaux à coups de petites piques menaçantes, comme on en voit malheureusement parfois, mais pas plus que dans n’importe quelle autre activité ne nécessitant pas d’Internet.
La communication est la seule solution qui puisse leur faire comprendre que leur comportement suscite le rejet de toute personne dotée d’un minimum d’intelligence et d’un esprit positif, et qu’elle les fait passer pour des primitifs dans un monde où l’on accorde chaque jour davantage d’importance à la liberté d’action de l’individu, considérée comme le véritable moyen d’atteindre l’équilibre et la stabilité émotionnelle et sociale.




