
Quand la séduction ne fonctionne pas
30 juin 2026
Comment draguer en boîte de nuit
30 juin 2026Un récit qui raconte les sorties d’escortes dans les hôtels de Barcelone…
J’ai commencé à fréquenter les pubs des hôtels, mais il faut vraiment aimer attirer l’attention, et passer des heures dans une pose de vamp à fixer les murs ou le lointain pour ne pas prêter attention au regard insistant de ces coqs de basse-cour que sont les petits groupes typiques de commerciaux sans avenir en congrès.
Mais ce n’est pas le pire : dans les pubs, il y a des messieurs… et des dames, bon sang, quels regards ! Il y en a de toutes sortes, dès qu’ils devinent votre métier : surprise, curiosité, mépris, mais le pire, c’est sans aucun doute celle qui se détourne pour ne pas vous voir et qui, de temps en temps, vous surveille du coin de l’œil. Mais qui peut supporter de telles femmes étouffantes et prudes ? …
Une escorte d’hôtel espère dénicher, ou être repérée par le barman, une âme solitaire pour qui sa compagnie constituera une bonne échappatoire (et ce n’est jamais aussi bien dit) à son ennui.
Quant aux messieurs qui prennent le risque de vous adresser la parole sans intermédiaire, s’ils sont intelligents, ils comprennent logiquement qu’une jeune femme sans cheveux gris, vêtue de manière provocante et qui est seule depuis qu’il est entré dans le bar, a de fortes chances d’être une escorte d’hôtel, l’approche commence généralement par : « Vous attendez quelqu’un ? », car le « Bonjour, je m’appelle untel… » n’existe pas ; tout est plus direct, ce à quoi vous répondez : « Eh bien, je n’attends personne, mais je m’ennuie », etc., etc…
Mais si vous avez le malheur de tomber sur le classique « dragueur… moqueur » qui se prend pour un « Roméo de plage », mettez-vous sur vos gardes et réagissez vite, car il va vous mettre les nerfs à vif et vous n’aurez aucune chance de trouver ce que vous cherchez.
Il est impossible de les vaincre, ils adorent se sentir au centre de l’attention, même si c’est au prix de vous gâcher la soirée. Partez un petit moment et revenez quand il se sera lassé !!!
En tant qu’escorte d’hôtel, on rencontre aussi des gens des plus singuliers. Un jour, alors que j’étais assise au pub, le réceptionniste de l’hôtel s’est approché de moi et m’a dit : « J’ai quelque chose pour vous », « Eh bien, dites-moi », lui ai-je répondu. D’un geste très discret, il m’a expliqué : « Le sixième étage est réservé à un cheikh célèbre et ils souhaitent une escorte. Montez au sixième étage, il vous attendra dans le couloir : Chut… », « Merci », lui ai-je répondu, « je viendrai vous voir quand j’aurai terminé. »
Je suis monté au sixième étage et j’ai effectivement été accueilli par un homme en costume, de petite taille et portant une grosse moustache ; on aurait pu dire qu’il s’agissait d’un valet de chambre ou du secrétaire de quelqu’un. Je me suis rendu dans la suite et on m’a présenté un homme qui me rappelait un membre de ma famille : il était mince, avait la peau bronzée et portait une tunique.
Ni lui ni moi ne parlions une langue commune, si bien que tout se résumait à des sourires et à des politesses.
Le secrétaire m’a fait signe et je suis sortie. Dans le couloir, il m’a dit que son « patron » m’avait trouvée à son goût, m’a tendu une enveloppe contenant une somme suffisante pour que je passe une partie de la nuit là, puis m’a accompagnée jusqu’à une autre suite attenante en me disant : « Mettez-vous à l’aise et si vous souhaitez boire quelque chose, vous pouvez vous servir ce que vous voulez, « même si nous ne buvons pas d’alcool, vous comprenez bien, n’est-ce pas ? » « Bien sûr, pas de problème », lui ai-je répondu.
Tout s’est plutôt bien passé, même si son excitation m’a surpris, compte tenu de la fragilité qu’elle semblait afficher.
Une fois que nous avons eu terminé, il m’a remis une jolie petite boîte en marqueterie. J’ai été surprise ! Mais bien sûr, comme il ne parlait pas ma langue, il s’exprimait à la manière d’un film muet : d’un geste, il m’a fait signe de l’ouvrir. Je l’ai ouverte avec beaucoup d’émotion… Je ne savais pas ce qui m’attendait. Mais elles étaient bien là : de grosses pistaches.
Il en a pris un, l’a ouvert et me l’a donné ; je l’ai remercié pour sa gentillesse, tout en dégustant ce délice… Il m’a même offert la boîte !
Je suppose que nous avons tous des anecdotes insolites à raconter, mais je me souviens particulièrement de celle-ci, car j’étais plus perdue qu’une tortue sur un circuit de course.
En réalité, le confort a eu raison de moi et cette histoire d’escorte d’hôtel a fini par me peser.
Aujourd’hui, je préfère la discrétion, mais plus encore que cela, ce qui n’est pas indispensable dans ma profession, je préfère que nous nous retrouvions à l’endroit où nous nous sommes donné rendez-vous.
Aujourd’hui, en tant qu’escorte indépendante et escorte d’hôtel, je ne fréquente les hôtels qu’avec mes amis ! La question du petit appartement est compliquée (voisins, disputes, etc.) et, pour moi, très risquée, en raison du manque de sécurité.
Les agences, c’est du pain pour aujourd’hui et la faim pour demain, sans compter qu’elles doivent être disponibles à presque toute heure, 365 jours par an.
J’ai enfin trouvé un établissement qui me proposait de louer une chambre en ne payant que lorsque je l’utilisais, avec une clientèle régulière, des horaires normaux et très flexibles, les dimanches et jours fériés libres, une grande discrétion, des installations impeccables et des loyers très abordables.
Je continue à publier mes annonces, mais je les reçois dans ce local qui m’offre sécurité, discrétion et, surtout, « stabilité ».




