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Le premier vêtement que les hommes et les femmes ont utilisé pour se couvrir l’entrejambe était le pagne, un morceau triangulaire de cuir d’animal ou de tissu muni de rubans cousus aux coins, que l’on nouait autour de la taille.
Nous ne pouvons pas déterminer avec exactitude quand l’histoire de la lingerie a commencé, mais les premières traces remontent à l’Égypte antique et datent de 3 000 ans avant Jésus-Christ. Les tuniques étaient considérées comme un symbole de statut social pour les Égyptiens et étaient portées par les femmes de haut rang.
Elles étaient étroites et s’étendaient du dessous de la poitrine jusqu’aux chevilles, maintenues par des lanières croisées au niveau des épaules ; les bijoux, les parfums et le maquillage constituaient les armes de séduction des Égyptiennes.
Les esclaves et les servantes ne portaient aucun vêtement ; elles ne portaient qu’un pagne ou étaient nues, le corps à nu.
D’autres vestiges de sous-vêtements de l’Antiquité remontent à l’an 200 av. J.-C. : une figurine découverte en Crète représente ce que l’on considère comme le précurseur du corset, un vêtement similaire au corset, ainsi qu’un crinoline (structure composée de jupes superposées) qui maintenait et rehaussait la poitrine nue.
Les premiers tissus utilisés pour confectionner les sous-vêtements étaient le cuir, le lin et le coton.
On suppose que les chemises intérieures en lin existaient déjà en 1360 avant J.-C., puisque le pharaon Toutankhamon en portait une dans sa tombe.
GRÈCE
Les Grecs, grâce à leurs contacts avec les peuples orientaux, ont adapté les tuniques.
Les femmes de la Grèce classique, même si, dans la Grèce antique, elles portaient une bande croisée sur les épaules et le long de la poitrine, et même si elles ne connaissaient pas la notion de sous-vêtements telle que nous la concevons aujourd’hui, savaient déjà comment se rendre irrésistibles.
Elles portaient également un autre vêtement, appelé « zoster », ou ceinture, qui consistait en une longue bande de tissu brodée, presque toujours en lin blanc, que les jeunes femmes célibataires nouaient autour de leur taille. Ce vêtement revêtait une grande valeur symbolique liée à la virginité.
Pour les femmes mariées, il existait l’« apodesmo » (une sorte de ceinture ou de bande autour de la poitrine, richement ornée de rubans de toutes les couleurs) et le « mastodeton » (une bande servant à aplatir la poitrine).
L’un des grands auteurs grecs, Homère, nous raconte dans l’une de ses magnifiques œuvres littéraires classiques comment la déesse de l’amour, Aphrodite, a prêté son incroyable ceinture, le « zoster », qui soulignait à la perfection sa taille plus que féminine, à Héra, qui est, dans la mythologie grecque, l’épouse de Zeus.
Avec ce vêtement, Héra souhaitait reconquérir Zeus.
Lorsque le grand dieu Zeus vit Héra porter ce vêtement si sensuel, il tomba à ses pieds, brûlant d’amour et fou de désir, se laissant captiver par la grande beauté de son épouse Héra.
ROME
Les femmes de Rome ont suivi la mode des Grecques et le vêtement féminin qu’elles portaient était le « cestus », qui s’avère très similaire au zoster des Grecques, mais plus large.
Parmi les autres pièces de la lingerie des Romaines de l’Antiquité figuraient le « mamillere » et la « fascia », qui étaient des bandes de tissu serrées destinées à soutenir et à rehausser la poitrine. Elles portaient des sous-vêtements en lin ou en cuir, le « subligar », une sorte de culotte, et la « subucula », une tunique intérieure en lin ou en cuir, semblable à un t-shirt en coton ou en laine, qui servait également de chemise de nuit.
Mosaïque de la Villa Romana del Casale datant de l’an 400 après J.-C., sur laquelle figurent plusieurs femmes portant ce qui semble être des bikinis ou des ensembles de lingerie.
En fonction du pouvoir d’achat des femmes de l’époque, il était possible de déterminer leur état civil ainsi que leur position sociale.
Par exemple, les grandes dames fortunées de l’époque portaient des sous-vêtements richement ornés d’accessoires ; le soin apporté à leur corps, qu’elles gardaient toujours épilé, revêtait une grande importance en tant que luxe, et elles le couvraient, notamment au niveau du cou et des bras, des bijoux les plus raffinés.
Les toges étaient portées par les hommes, mais les prostituées ou les escortes de l’époque, étaient tenues de porter une toge courte et de couleur sombre et ne pouvaient pas porter de corsage, afin de se distinguer des femmes honnêtes. Les peintures de Pompéi en témoignent : on ne pouvait d’ailleurs les toucher qu’avec la main droite, car la main gauche était réservée aux femmes honorables.
CHINE
Les sous-vêtements des femmes chinoises se distinguent par leur style ingénieux, leurs couleurs vives et la finesse de leurs ornements.
Les femmes chinoises reflétaient la manière raffinée dont elles s’exprimaient sur la vie, la beauté et l’amour.
Les sous-vêtements féminins étaient étroitement liés aux rituels et au rang des femmes de cette classe sociale, et leur utilisation dépendait de leurs émotions et de leurs sentiments ; les femmes chinoises, quel que soit leur rang, considéraient les sous-vêtements comme une forme d’expression, riche en ornements.
Les principaux styles et structures des sous-vêtements chinois reposaient soit sur une pièce unique à l’avant couvrant la poitrine et le pubis, soit sur une tunique couvrant à la fois le torse et le dos.
Dans le premier cas, la pièce centrale pouvait être rectangulaire, carrée ou en forme de losange. Dans tous les cas, elles étaient brodées de paysages, d’oiseaux, de fleurs ou de motifs inspirés de mythes et de légendes.
Les principales pièces de la lingerie chinoise étaient : le « xieyi », une sorte de tunique portée entre 206 av. J.-C. et 220 apr. J.-C., le « Zhuyao », principalement porté par les dames de la cour sous la dynastie Qing, de 1611 apr. J.-C. à 1911 apr. J.-C., et le « dudou », une sorte de tablier de forme diamantée ou carrée qui couvrait la poitrine et le bas-ventre et se nouait dans le dos, et qui est encore porté aujourd’hui.
À la cour, sous la dynastie Qing (1644/1911), on portait généralement des tenues portant des noms différents selon la cérémonie ou le protocole.
EUROPE
Au Moyen Âge, le seul sous-vêtement porté par les femmes de la noblesse (outre la ceinture de chasteté) était la « chemise » ; celle-ci était généralement en lin ou en coton, puis, à la Renaissance, elle fut confectionnée en soie. Elle servait à la fois à les protéger des intempéries et à les préserver de la saleté, puisque le bain quotidien n’était pas une habitude à l’époque ; il s’agissait d’une chemise de nuit ou d’une chemise de corps à col rond ou carré.
On les portait sous la jupe, puis sous le corset. À l’époque médiévale, l’Église imposait aux femmes de comprimer leur poitrine afin d’éviter de susciter le péché, ce qui marqua le début de l’évolution qui aboutit au corset, du IVe au XVIe siècle, période durant laquelle ces deux pièces de lingerie firent leur apparition.
Jusqu’au Xe siècle, les femmes maintenaient leur poitrine à l’aide de larges bandes ; parfois, pour donner l’impression d’avoir une poitrine plus volumineuse, on y ajoutait des rembourrages.
Au XIVe siècle, les femmes ont commencé à porter le « cotte », un sous-vêtement rigide et raide.
À la fin du XVIe siècle, le corset fait son apparition à la cour ; l’aristocratie le porte comme un vêtement très rigide, dans lequel on insère même des baleines, et il est orné de nœuds, de dentelles et de broderies.
Le luxe de la cour en imposait le port, non sans problèmes de santé (évanouissements, etc.) dus au fait qu’ils étaient excessivement serrés à la taille afin que la poitrine puisse paraître comme une situation inévitable et irrésistible, et qu’ils exagéraient considérablement les hanches.
Les jupes devinrent immenses et, pour cela, on utilisait une « farthingale », qu’elle soit de style espagnol ou français.
La version espagnole était probablement à l’origine une sorte de jupon renforcé par une série d’armatures graduées en roseau, en fil de fer ou en os de baleine, qui mettaient en valeur les atouts des femmes.
C’est vers la fin de l’année 1570 que la version française a été introduite.
Cette version se composait d’un grand cerceau horizontal que l’on portait à hauteur de la taille, mais incliné vers le bas à l’avant, ce qui obligeait à utiliser un rouleau de matière rigide, appelé « bum roll », autour de la taille et sous les robes afin de maintenir ce cerceau inconfortable en place.
Au XVIIe siècle, le corset s’appelait « PELANDUSCA » et était porté par les femmes de mœurs légères afin de séduire et d’attirer l’attention des hommes. Les hommes européens portaient, dès le XVIe siècle, des culottes moulantes qui leur offraient une grande liberté de mouvement ; plus tard, les femmes ont commencé à les adopter, mais en y ajoutant toutes sortes d’ornements féminins : nœuds, rubans et mousselines. Ces vêtements étaient difficiles à porter, mais aussi à laver.
Au XVIIIe siècle, on ne comprime plus la poitrine et le corset se noue dans le dos ; porter un corset était synonyme d’élégance, le prototype de la beauté étant la silhouette en sablier, avec cette silhouette délicate et sinueuse, signe de beauté et de jeunesse.
Les femmes de la noblesse avaient besoin de servantes, qui allaient devenir indispensables au cours de ce siècle. L’Église renonça à poursuivre le débat. Avec la Révolution française de 1789, la monarchie et le corset disparurent.
À cette époque, les Françaises ne portaient comme sous-vêtement qu’une bande enroulée autour du corps, moins rigide et plus étroite que le corset ; la chemise était visible par-dessous.
Avec le retour de la monarchie sous Louis XVIII, le corset fait son retour, mais en tant que sous-vêtement ; bien que beaucoup plus pratique, il est moins spectaculaire que lorsqu’il était porté comme vêtement d’extérieur. Le modèle féminin idéal que toutes les femmes de l’époque souhaitaient imiter était celui des aristocrates, et il devait s’appliquer à toutes les classes sociales.
Vers 1850, grâce à la révolution industrielle, à l’invention du moulage à la vapeur et à l’utilisation de colorants, la lingerie a pu, pour la première fois, être colorée et parfaitement adaptée à la morphologie, ce qui a permis au corset de devenir élastique et bien plus confortable.
Le crinoline a également fait son retour et les femmes victoriennes ont introduit la broderie.
C’est en 1876 que furent inventées les jarretières, qui se fixaient aux bas des femmes ; les danseuses françaises de can-can suscitaient alors un vif émoi lorsqu’elles laissaient entrevoir par moments les jarretières qui longeaient leurs cuisses.
De plus, les sangles étaient confortables et pratiques, car elles maintenaient le corset bien en place, l’empêchant ainsi de remonter trop haut, tout en permettant de l’ajuster facilement.
Le XXe siècle ÉTATS-UNIS
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, à l’époque romantique, les femmes portaient une chemise, une culotte, un corset muni d’un porte-jarretelles pour maintenir les bas, et pouvaient porter des jupons et un cache-corset.
Les sous-vêtements ne font plus de distinction entre les classes sociales.
Les soutiens-gorge du début du XXe siècle étaient souples et courts et permettaient une séparation naturelle des seins ; ils n’avaient plus rien à voir avec les corsets contraignants de l’époque victorienne.
Les femmes du début du siècle ne toléraient pas les contraintes imposées par le corset dans leur vie quotidienne, car s’ouvrait alors une ère où elles participaient activement au sport, à la danse et même au travail.
C’est également au début du XXe siècle que la lingerie sexy fait son apparition… On commence à embellir les sous-vêtements pour les rendre plus séduisants et suggestifs… pour se plaire à soi-même et plaire aux autres.
Peu à peu, la lingerie perd de sa rigidité pour laisser place à une séparation naturelle des seins.
La culotte de l’époque, dite « rationnelle », n’était réservée qu’aux plus courageuses : c’était un petit short épais et inconfortable qui grattait beaucoup.
Elle fut progressivement remplacée par des culottes en coton ou en soie « sarsenet », particulièrement prisées par les danseuses de charleston, ainsi que par des strings ornés de dentelles et de volants.
Mary Phelps Jacob, qui devint plus tard Caresse Crosby, affirma en 1913 avoir inventé le soutien-gorge en nouant deux mouchoirs à un ruban.
Le mouvement féministe naissant, l’engouement pour le tango en 1915 et les conséquences de la Première Guerre mondiale font de la lingerie féminine une véritable machine à faire de l’argent, et non plus un objet contraignant et traditionnel.
Le fait de dévoiler sa poitrine pendant la Grande Dépression est redevenu à la mode.
Les modèles de soutiens-gorge sont passés d’une coupe qui aplatissait la poitrine à une coupe qui la mettait nettement en valeur. En 1935, Warner Brothers a introduit la classification par bonnet, reconnaissant ainsi que chaque femme avait une taille et une coupe qui lui étaient propres.
Les robes et les culottes sont devenues de plus en plus courtes, mais alors même que cette nouvelle coupe pouvait offrir aux femmes une certaine liberté de mouvement, la Seconde Guerre mondiale a mis à la mode les jupes étroites et moulantes (en raison de la pénurie de tissus), qui les obligeaient à marcher en ne bougeant que de la genou vers le bas, ce qui a conduit au port de gaines afin de pouvoir arborer le look androgyne, très en vogue à cette époque.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’industrie de la lingerie a commencé à utiliser des matières synthétiques, ce qui a donné naissance au Lycra, à la rayonne et au Lastex.
C’est avec ces matières que l’on a commencé à fabriquer les bas, l’un des articles de lingerie sexy qui a marqué son époque dans les années 40.
Une femme portant des bas était un symbole de sensualité et de puissance, et les femmes ne se privaient pas de les porter, malgré les difficultés économiques, car c’était l’image qu’elles souhaitaient donner.
Années 1950-1970 : L’âge d’or d’Hollywood
Dans les années 50, les corsages coniques qui mettaient nettement en valeur la poitrine sont devenus de plus en plus séduisants et attrayants, principalement sous l’influence des stars de cinéma qui dictaient la mode.
Dans les années 50, le glamour était en plein essor et la silhouette considérée comme le modèle de beauté par excellence, c’est-à-dire le corps féminin idéal, était celle dite « en sablier ».
Marilyn Monroe est devenue une légende grâce à son image séduisante et à sa sensualité… Elle portait du satin et des tenues transparentes…
C’est dans les années 1950-1960 que remontent les premiers grands lancements des lignes de lingerie moderne, dans le sillage de la popularité de la « Girdle », ou gaine sensuelle.
Les mouvements hippies et féministes des années 1960 et 1970 ont fini par s’opposer à la « lingerie fine », qu’ils considéraient comme conformiste, contraignante et artificielle.
Les corsets, en particulier, étaient considérés comme « contraignants » pour les femmes, et le fait de les brûler ou de les « suspendre » est devenu un symbole de la libération des femmes.
La fin des années 60 a remis au goût du jour la silhouette libre, jeune et androgyne des années 1920, et les femmes ont commencé à porter des culottes courtes et moulantes, destinées à être associées à la mini-jupe ou au jean, qui faisaient alors leur apparition.
À la fin des années 1970, le décolleté revient à la mode, tandis que de nouvelles lignes de lingerie commencent à voir le jour.
Avec l’arrivée de la technologie au service de la mode.
Les tabous se sont peu à peu brisés, jusqu’à ce que, dans les années 80, la lingerie connaisse son âge d’or : les femmes cherchaient en effet à se forger une image aussi éloignée que possible du passé et considéraient les sous-vêtements comme un élément à part entière de leur image moderne, confortable et séduisante.
Des femmes comme Madonna ont popularisé le port de lingerie sophistiquée… de dentelle… etc.…
Au cours de ces merveilleuses années, les soutiens-gorge rembourrés et à armatures font leur apparition, et Victoria’s Secret ainsi que La Perla deviennent des références mondiales en matière de lignes de lingerie sensuelles.
Depuis les années 90 et jusqu’à aujourd’hui, la lingerie « intelligente » s’est imposée dans la vie des femmes comme un vêtement à part entière de leur garde-robe.
Avec notre mode de vie, auquel nous avons ajouté le sport comme une activité parmi d’autres, les sous-vêtements se sont progressivement adaptés à notre époque et la lingerie est de plus en plus confortable.
Des couleurs les plus classiques, telles que le blanc, le beige et le noir, nous passons à toutes sortes de couleurs, qui, selon leur teinte, revêtent une symbolique particulière : les rouges sont généralement associés à la passion, les blancs à la pureté, etc.
De nos jours, il existe de la lingerie pour tous les goûts, en fonction des modes et des tendances que l’on voit sur les podiums.
Les corsets se portent par-dessus des chemises, ou seuls ; les femmes optent tantôt pour une culotte, tantôt pour un string ou un tanga, et bien souvent, la lingerie se laisse entrevoir dans un esprit de provocation et de coquetterie.
À l’heure actuelle, la confiance en soi et l’assurance des femmes, ainsi que le rôle bien plus actif qu’elles assument désormais dans les relations de couple, se reflètent clairement dans les créations des grandes maisons de mode.
Les designs sont de plus en plus aboutis.
De nos jours, il existe de la lingerie pour toutes sortes de situations et d’intentions, du style le plus décontracté au plus habillé, de celle spécialement conçue pour la pratique sportive à celle imaginée comme une arme de séduction pour une nuit de passion.




