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30 juin 2026
Tatouages et accompagnateurs de luxe
30 juin 20261967 «Belle de Jour »: Le fantasme de Sévérine
Certains pensent que « Cinquante nuances de Grey » a révolutionné le cinéma érotique en explorant le BDSM ; pourtant, « Belle de Jour », du maître Luis Buñuel, avait déjà exploré ces fantasmes sexuels il y a près de cinquante ans.
La séquence d’ouverture de *La Belle de Jour* montre Séverine (Catherine Deneuve) lors d’un trajet habituel avec son mari Pierre (Jean Sorel), au cours duquel celui-ci lui ordonne de manière surprenante de descendre,et Séverine, désorientée, est emmenée par deux hommes qui lui bandent les yeux, l’attachent à un arbre et ont des rapports sexuels avec elle. Tout cela sur ordre de Pierre, son mari.
La séquence se termine en révélant que rien de tout cela ne s’est produit, car il s’agit d’un fantasme passionné auquel Séverine se réfugie pour pallier la relation tiède qu’elle entretient avec son mari.
La plupart des séquences érotiques au cinéma montrent des hommes exerçant un contrôle sur les femmes afin d’assouvir tous leurs fantasmes sexuels, mais Buñuel, grâce à la beauté classique de Catherine Deneuve, a inversé les rôles et a offert une perspective bien plus réaliste de la sexualité féminine, où la femme domine tout en étant dominée et où son désir est aussi contradictoire pour elle que pour ses amants. Dans *La Belle de Jour*, tout n’est que fantasme et désir extrême au sein d’une société qui se libère des idées préconçues.
1974 «Le gardien de nuit» : ou le syndrome de Stockholm
Le film a suscité des protestations de toutes sortes, en raison des scènes de sexe explicites pour l’époque, mais aussi de critiques concernant l’ambiguïté avec laquelle la réalisatrice Liliana Cavani traite le personnage d’un officier nazi de la SS. Ce fut l’un de ces films des années 70 à avoir été classé X dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Autriche ; en Espagne, il est sorti fin 1976 et a été projeté sans coupures.
Le film se déroule à Vienne en 1957. Au premier abord, c’est un film au rythme lent, mais au fur et à mesure que les scènes se succèdent, on découvre une histoire singulière, dans laquelle l’épouse (Charlotte Rampling), d’un célèbre chef d’orchestre, est séduite par un homme (Dirk Bogarde) qui l’avait utilisée comme maîtresse contre son gré alors qu’elle était internée dans un camp nazi.Après la libération, ils se retrouvent dans un hôtel où il est veilleur de nuit, et une attirance autodestructrice resurgit, donnant lieu à un drame personnel. Le syndrome de Stockholm et le sadomasochisme s’entremêlent à des scènes morbides, de domination et d’inversion des rôles.
1974 «Emmanuelle »: L’avènement de la libération sexuelle
Réalisé par Just Jaeckin et mettant en vedette l’actrice Sylvia Kristel. Il s’inspire du roman « Emmanuelle » de l’écrivaine Emmanuelle Arsany, publié en 1959. En France, ce film a suscité une vive polémique lors de sa sortie et a été classé « film X » en raison de ses scènes de nudité, de viol, de masturbation, ou encore d’une scène dans le «Mile High Club », dans laquelle une danseuse s’introduit une cigarette dans le vagin, etc. Ce qui, contrairement à ce que l’on pouvait attendre, en a fait un immense succès international, donnant lieu à « Emmanuelle 2, L’antivierge » en 1977 et à « Emmanuelle 3, Adieu Emmanuelle », même si l’on peut aujourd’hui affirmer qu’à l’exception de sa magnifique bande originale, son intrigue laisse à désirer. Ce film a été le précurseur du cinéma érotique il y a quarante ans, où l’idée de la libération sexuelle repoussait les limites du couple traditionnel.
La jeune mariée Emmanuelle (Sylvia Kristel) est encouragée par son mari (Daniel Sarky) à découvrir les plaisirs de la chair en ayant des relations sexuelles avec d’autres personnes, afin de concrétiser ses fantasmes sexuels. À Hong Kong, avec l’accord de son mari, elle entretient une relation lesbienne passionnée avec une autre jeune femme (Marika Green) ; Bangkok et les îles Seychelles sont le summum du plaisir, et peu à peu, d’autres couples viendront se joindre à cet éveil sexuel exaltant.
La routine la lasse, car il ne cesse de vouloir qu’ils s’adonnent à un trio ; il se montre jaloux et grossier, et leur relation amoureuse finit par échouer. Elle se lance alors dans un voyage de découverte de sa sexualité aux côtés d’un homme mûr (Alain Cuny) qui la mènera vers des situations insolites.
1975 «Salò ou les 120 jours de Sodome »: La corruption du pouvoir
Réalisé par Pier Paolo Pasolini en 1975, ce film est adapté du livre « Les 120 jours de Sodome » du marquis de Sade.
Le fait que son réalisateur ait passé une partie de sa jeunesse en République de Salò, où il a été témoin des cruautés de la guerre, a conduit ces souvenirs à inspirer un film qu’il a lui-même qualifié de « hautement symbolique et métaphorique ».
L’action du film se déroule dans la République de Salò, dans le nord de l’Italie, entre 1944 et 1945, en pleine occupation nazie. Le film est divisé en quatre parties, à l’image de l’Enfer de Dante dans La Divine Comédie.
Certaines critiques l’ont saluée pour son audace, mais beaucoup d’autres l’ont condamnée, la qualifiant de film d’exploitation et de violence, ce qui lui a valu d’être interdit dans plusieurs pays.
À Salò, quatre puissants dirigeants – le Président, le Duc, l’Évêque et le Magistrat – organisent un rituel libertin destiné à marier leurs filles, au cours duquel ils pourront donner libre cours à leurs instincts sexuels les plus extrêmes. À cette fin, avec l’aide de complices, ils enlèvent neuf hommes et neuf femmes, qui sont conduits dans un palais à Marzabotto, accompagnés de quatre anciennes prostituées dont la mission sera de raconter des histoires excitantes à ces puissants.
Pour assouvir leur soif de plaisir, ils imaginent quatre phases : l’Avant-enfer, le Cercle des manies, le Cercle de la merde et enfin le Cercle du sang, au cours desquelles ils tortureront et élimineront les personnages qui ne se plieront pas à leurs attentes. Le film dépeint la désensibilisation, l’indifférence, la violence et le conformisme des êtres humains lorsqu’ils sont exposés à des situations extrêmes.
1976 «L’Empire des sens »: Le sexe dans sa globalité
Un couple dont la relation repose sur un rapport de force vit l’amour et le sexe de manière extrême, où le désir de possession d’un homme et d’une femme brouille les frontières entre la douleur et le plaisir.
Il s’agit d’une coproduction franco-japonaise réalisée par Nagisa Oshima, qui a donné lieu à une suite intitulée « L’Empire de la passion », sortie deux ans plus tard. C’est l’un des rares films qui, quarante ans après sa sortie, reste partiellement censuré dans son propre pays, le Japon. Le film s’inspire d’un fait réel survenu au Japon dans les années 1930. Mais ce sont les scènes de sexe explicites entre les acteurs principaux, Tatsuya Fuji et Eiko Matsuda, ainsi que leur obsession pour la mort, qui ont suscité une vive controverse ; la scène érotique où ils jouent avec un œuf est notamment devenue célèbre.
1978 «Le Dernier Tango à Paris » : Le sexe est un plaisir qui comporte des effets secondaires :
Réalisé par Bernardo Bertolucci, ce film, qui s’annonce d’abord comme une histoire d’amour dramatique, explore la sexualité humaine comme une autre forme de relation lorsque le monde nous isole par ses terribles réalités, mais montre en même temps à quel point il est facile d’épuiser le plaisir lorsque nous souhaitons faire partie de ce monde.
Son personnage principal, Jeanne (Maria Schneider), rencontre Paul (Marlon Brando).
Lorsqu’il lui fait visiter un appartement à louer à Paris, l’attirance qui naît entre eux est passionnée et ils font l’amour de la manière la plus sauvage qui soit dans cet appartement ; la célèbre scène où il la sodomise à l’aide de beurre a fait traverser la frontière française à la moitié de l’Espagne.
Ils conviennent de se revoir à cet endroit sans se demander qui ils sont, en essayant de rompre avec les conventions de la société, chacun cherchant à trouver sa propre satisfaction sans préjugés psychologiques.
Jeanne est peu à peu déçue par Paul lorsqu’elle découvre qu’il est un homme fini et plein de banalités ; il tente de la séduire avec une attitude paternaliste et conventionnelle… etc.
1979 «Caligula » : L’orgie du pouvoir ou le pouvoir de l’orgie ?
Le film s’inspire de l’histoire de l’Empire romain, lorsque Caligula assassine Tibère et s’empare du trône, marquant ainsi le début d’une ère de despotisme, d’excès et de tyrannie. Caligula était redouté et haï, mais on se souvient surtout de lui pour ses excentricités, notamment en matière de sexualité.
Il existe deux versions : celle réalisée par Tinto Brass en 1979, qui se voulait une épopée sur « l’orgie du pouvoir », raison pour laquelle les scènes de sexe explicite ont été supprimées pour permettre sa diffusion dans les salles de cinéma grand public, et la version non censurée produite cinq ans plus tard, en 1984,et, c’est le cas de le dire, diffusée par le producteur du film, Bob Guccione, fondateur du magazine pour adultes Penthouse, qui l’avait tournée avec des acteurs de films pornographiques en 1979, à l’insu du réalisateur Tinto Brass, et qui comprend des scènes de rapports sexuels, d’éjaculations, de sexe lesbien et homosexuel, de douche dorée, de sadomasochisme, de zoophilie, etc. et qui a fini par modifier la vision et l’approche du projet initial, qui était davantage historique que ludique ; le résultat final fut « Le pouvoir de l’orgie ».
Ce fut le film érotique le plus coûteux de son époque, car il mettait en scène des acteurs tels que Peter O’Toole ou Helen Mirren.
Avant même sa sortie, le film faisait déjà l’objet de rumeurs de scandale en raison du départ de María Schneider, qui avait été remplacée par Teresa Ann Savoy ; mais la version remaniée par Bob Guccione a poussé de nombreux membres de l’équipe à refuser que leur nom figure au générique. Différentes versions ont été diffusées dans chaque pays. En Grande-Bretagne, la version de 1984 a été interdite et ce n’est qu’en 2009 que la version intégrale a pu être visionnée, mais avec un montage décousu et des scènes perdues à jamais. Les deux versions ont été un échec commercial.
1986 «Neuf semaines et demie » : La séduction à l’extrême
Interprété de main de maître par Mickey Rourke, John Gray est le grand séducteur qui manipule totalement Elizabeth McGraw (Kim Basinger), dont la vie bascule radicalement après le début de sa relation avec John, qui fait d’elle l’héroïne de ses fantasmes sexuels singuliers.
La scène la plus sensuelle se déroule lorsqu’elle, les yeux bandés, se laisse caresser avec divers objets, des fruits, des glaçons ; lui parcourait doucement son corps sculptural et elle s’ouvrait à l’érotisme des sens.
John l’entraînait peu à peu à partager ses jeux sexuels, dont l’intensité allait crescendo ; il dominait sa volonté grâce à une forte attirance, mais elle ressentait en même temps l’envie de fuir le personnage de fiction en lequel John l’avait transformée…
1991 «L’amant» : L’amour, cette éternelle énigme
Adapté du livre le plus célèbre de Marguerite Duras, femme intense et autodestructrice, « L’Amant de la Chinoise du Nord » a provoqué un scandale sans précédent, notamment grâce à la beauté troublante de son actrice principale, Jane March, qui a fêté ses 18 ans une fois le tournage terminé. Dans le récit autobiographique de Duras, l’héroïne est une adolescente française de quatorze ans, vivant dans une extrême pauvreté, qui entame une relation illicite et inégale avec un riche Chinois, avec le consentement opportuniste de sa mère et de son frère violent, dans le contexte de l’Indochine française de 1929.
Réalisé par Jean-Jacques Annaud et mettant en scène Jane March (la jeune fille) et Tony Leung Ka Fai (l’amant), ce film a fait scandale davantage par son ton que par sa forme ; la relation entre l’héroïne adolescente et un jeune Chinois séduisant est vouée à l’échec, car la société de l’époque considère qu’un tel amour est inconvenant, en raison de la différence d’âge, de race et du fait qu’elle « n’est pas vierge ». La situation débouche sur une liaison tumultueuse, plongeant le couple dans une passion secrète et démesurée dont tous deux savent qu’elle ne peut durer. Elle évoque son avenir loin de lui, essayant de nier des sentiments qu’elle sait impossibles, mais lui insiste pour poursuivre cette relation bien qu’il doive s’engager dans un mariage arrangé par sa famille… Bien qu’il n’ait pas bénéficié de la supervision de Marguerite Duras, il conserve une partie de son intensité énigmatique et douloureuse. Une histoire d’amour désespérante et envoûtante, entravée par les mœurs de la société de l’époque, et qui accepte d’emblée son échec.
1992 «Basic Instinct » : Sharon Stone croisant les jambes
Réalisé par Paul Verhoeven, ce film met en scène Sharon Stone dans la scène la plus mémorable pour sa sensualité effrontée ; même aujourd’hui, vingt ans plus tard, elle n’a rien perdu de son attrait. Son croisement de jambes, d’une sensualité absolue, est resté l’une des séquences les plus torrides du cinéma de ces dernières années. Son succès ne tient pas seulement à la sensualité séduisante de Sharon, mais aussi à la personnalité magnétique, mystérieuse et dangereuse de son personnage, Catherine, dans « L’instinct primitif ».
Catherine Tramell (Sharon Stone) est accusée de meurtre. C’est lors de son interrogatoire par deux inspecteurs que la séquence atteint son apogée : « Catherine » s’installe en croisant largement les jambes, mettant ainsi en valeur son magnifique postérieur face aux inspecteurs, et révélant ainsi qu’elle ne porte pas de sous-vêtements…
Elle utilise sa sensualité pour manipuler l’équipe d’enquêteurs, qu’elle parvient à mettre dans tous leurs états, et malgré les graves accusations portées contre elle, ce sont les inspecteurs qui deviennent les victimes de Tramell, contraints de lutter pour ne pas perdre le contrôle de la situation.




